Andreï M. Zadorozny

Démarche artistique  

Un être extraordinaire, un grand philosophe...

 

Artiste de grand talent, Andreï Michael Zadorozny est né dans une famille noble, le 27 mai 1921, à Borsziv, en Ukraine. Dans son pays natal, une grande solitude a profondément marqué son enfance, ayant été tenu loin des jeux qui animent les enfants de son âge alors que, très jeune, il se devait d’être un petit homme sérieux, encadré qu’il était, par un précepteur chargé de son éducation.

 

Puis peu avant la guerre, en 1937, il avait déjà seize ans, il arrive au Canada. Par la suite, à l’âge de vingt-cinq ans, il a entrepris des études à l’École des Beaux-Arts de Montréal (1946-1949) sous la tutelle d’Arthur Lismer, Goodrich Roberts et Jacques de Tonnencourt. En outre, il est plus que probable qu’il ait également subi l’influence de A. Paul Weber, ce qui lui fera dire que « l’art se trouve d’abord dans l’âme de l’artiste. » Plus tard, il deviendra lui-même professeur d’arts plastiques au Father MacDonald High School de Ville Saint-Laurent, où il aimait enseigner l’art à quiconque se sentait prêt à le recevoir.

 

Très intime avec la nature et ayant développé une affinité exceptionnelle pour la lumière et les couleurs, il peignait de toute évidence au rythme de ses impulsions les plus spontanées. "Cet art n’est pas fait pour les yeux habitués à se délecter de vagues couchers de soleil ou de calendriers populaires. Son art est là pour les âmes fortes et trempées" écrivait de lui dans Le Petit Journal, Rolland Boulanger, en 1950. Déjà en 1962, la beauté tantôt classique, tantôt sauvage de ses aquarelles l’éloigne irrémédiablement de la fragilité des aquarellistes de l’époque.

 

Doté d’un tempérament ardent, cela a fait naturellement de lui un grand passionné qui a consacré toute sa vie à son oeuvre, et du même souffle refusant catégoriquement tout compromis qui aurait eu pour effet de dénaturer son art. "Jamais je ne consentirai à peindre dans le but de vendre mes oeuvres. Même si mon oeuvre n’arrive pas à me faire vivre, je continuerai de peindre en suivant mon instinct et ma nature propre."

 

Aussi fougueux qu’un cheval sauvage (sic), il affectionnait particulièrement toutes les formes en mouvement. Doué d’un esprit fier, intense et farouche, il ne faut pas s’étonner qu’il ait été amené progressivement à répugner l’art moderne qui ne représentait aucun intérêt à ses yeux.

 

Il a été sans cesse tourmenté par une grande tristesse : n’avait-il pas été absent au moment du décès de sa mère qu’il chérissait, et surtout séparé de ses enfants pendant plusieurs années... L’artiste a vécu seul dans une chambrette pendant dix longues années. C’est ainsi que, répudié par les siens et ignoré par ses pairs, il fuyait les foules bien qu’il ait toujours apprécié le contact de gens qui, comme lui, s’enflammaient à discourir d’art, de littérature ou de musique classique.

 

Andreï M. Zadorozny est décédé des suites d’un cancer le 15 février 2001.

 

Hélas ! Atteint de la maladie d’Alzheimer depuis les cinq dernières années, sa vue et sa mémoire lui faisant défaut, il ne peignait presque plus. Toutefois, fidèle à lui-même, il a vécu intensément jusqu’à la fin aux côtés de sa compagne adorée avec qui il partageait sa vie depuis 1974.

 

Cet artiste contemporain hors du commun un peu oublié, laisse à la postérité une oeuvre considérable toute remplie de générosité et de sagesse qui, aujourd’hui, mérite d’être reconnue à sa juste valeur par un large public.

 

 

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