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Voici la
troisième partie de la narration que Pierre Séguin
fait de la vie de cet artiste et de son oeuvre immense.
La découverte
de la collection
(3e partie)
Suite à cette
soirée de découvertes faites chez la soeur de Zadorozny, j’ai maintenant
en main les informations me conduisant à la veuve de l’artiste. Donc
premier contact avec madame Picard. Premières politesses échangées je
lui mentionne que j’aimerais bien présenter quelques oeuvres de son
conjoint dans ma galerie. Elle me dit qu’elle passerait à la galerie et
que nous en discuterions. Une fois le rendez-vous fixé j’ai bien hâte de
rencontrer celle qui a partagé la vie du peintre durant près de 30 ans.
Madame Picard
avait rencontré Andreï sur le Mont-Royal, au début des années 70. Cet
endroit était certes le préféré de l’artiste quand il peignait en
extérieur à Montréal. C’était au printemps ou au début de l’été. Andreï
n’était pas très loquace lorsqu’il peignait. Par contre le retrait et la
discrétion de cette jeune femme qui le regardait peindre avec beaucoup
d’admiration et qui était éblouie devant cette maîtrise du médium, et
comme les femmes ont toujours eu un attrait particulier pour notre
homme, ils échangèrent quelques phrases. Andreï compris que Suzanne
aimait beaucoup la peinture, elle-même peignait; et comme il aimait
parler de sa passion de peintre les deux se lièrent d’une amitié qui se
transforma en amour.
Une rencontre
est prévue avec madame Picard à la galerie afin que nous fassions plus
amples connaissances. À son arrivée je lui fais faire le tour du
propriétaire et j’ai bien hâte de savoir si elle accepte de présenter
quelques Zadorozny chez moi; elle accepte. Nous discutons de la carrière
d’Andreï et madame Picard me raconte un peu de cette vie d’artiste
qu’elle a vécue avec lui. Avant de partir elle me dit avoir promis à
Andreï qu’il retrouverait la place d’artiste important qu’il a occupé
durant plusieurs années. Enfin, elle m’invite à aller choisir moi-même,
à sa maison de Saint-Adolphe-d’Howard, les oeuvres que j’aimerais
présenter. Offre que je ne peux refuser.
Suite à cette
première visite dans l’antre de l’artiste, j’ai présenté quelques
oeuvres et l’accueil des gens pour son travail nous a amené à présenter
une première exposition solo en octobre 2002. C’était le début d’un
nouveau départ pour Zadorozny.
En haut
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Scène de ville
datée June 3,66, 11"x8"

Vue de Montréal
datée June 14, 76, 20"x16" |
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Ma rencontre avec un grand artiste...
quel coup de coeur !
Mon frère était un grand artiste
(1ère partie)
Un jour, il y
a de cela sept ou huit ans, se présentent à la galerie, qui était alors
située sur le boulevard Perrot, donc se présentent un avocat et sa dame
avec quelques tableaux pour en demander une évaluation.
Au fil de la
conversation nous réalisons que mon père qui était registraire au greffe
des faillites à Montréal connaissait bien cet avocat et son associé et
qu’ils avaient des amis en commun. Comme le monde est petit.
Alors
continuant nos affaires sa dame me dit « mon frère était un grand
artiste, il vient tout juste de mourir, son nom est Andreï Zadorozny, le
connaissez vous ? » Je vous avoue que dans ce métier plusieurs personnes
connaissent un grand artiste qui est soit un proche, un frère, une
soeur, un oncle, une tante et j’en passe. Poliment je réponds que non je
ne le connais pas. Aussitôt elle me demande si j’accepterais de regarder
quelques peintures ? « Vous savez mon frère était un grand
aquarelliste ».
Je dois
admettre
ici qu’à cette époque mon attirance pour ce médium était plutôt mitigé,
mais comme je ne refuse jamais de voir un dossier d’artiste, (le
prochain Picasso se trouve quelque part) je lui mentionne que cela me
ferait plaisir d’y jeter un coup d’oeil. Dès lors il est convenu qu’elle
viendrait me montrer quelques oeuvres de son frère d’ici quelques
semaines.
Quelques
jours plus tard je reçois un appel téléphonique de la dame me demandant
« au lieu que j’aille à la galerie pouvez-vous venir à la maison ce
soir, nous sommes tout près à Kirkland, ce serait plus facile de vous
montrer les oeuvres? » En bon prince et un peu pour l’amitié qui
existait entre mon père et son mari j’ai accepté de me déplacer et c’est
là, lors de cette soirée, dans leur maison, qu’est née cette histoire
d’amour entre moi et ce grand peintre Andreï M. Zadorozny.
En haut |
.jpg)
Scène de parc
datée Oct. 1947, 24"x18"
.jpg)
November Showers
datée 8-XI-56, 24"x18"

Montréal, datée August 28, 1973, 20"x16"

Fleurs chez
Rolland
September 7-80, 28"x22"
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La découverte d'un artiste
(2e partie)
Alors me
voici rendu à Kirkland dans la maison de la soeur de Zadorozny. Déjà, en
entrant dans cette résidence, il y règne une atmosphère intimiste malgré
le grand hall qui nous accueille. L’imposant escalier qui mène à l’étage
nous laisse voir de nombreuses oeuvres d’art. Parmi celles-ci il y a une
petite sculpture en bois représentant une femme nue qui fait très années
cinquante. Ce sera la première oeuvre de Zadorozny qui captera mon
attention.
Puis commence
la visite de la maison où il y a dans chaque pièce des oeuvres de
différents artistes. Elles ont en commun que presque tous les artistes
qui les ont produites ont côtoyé Zadorozny à un moment donné dans leur
carrière. Que ce soit Harold Beament ou Léo Ayotte ils ont, avec
Zadorozny, partagé les mêmes cimaises, peint ensemble ou eu des
conversations passionnées sur leur raison de vivre, l’ART. Plus ma
visite avance et plus les aquarelles du frère de madame retiennent mon
attention. Elle avait raison, son frère était un grand artiste.
Rapidement on me fait visiter le rez-de-chaussée et je commence à avoir
hâte d’en voir plus. Ce qui ne tarda pas.
Moi qui
s’attendais à si peu, me voilà tout excité à l’idée de voir quelques
aquarelles ! Devant moi des porte-documents remplis d’oeuvres. La dame
de la maison m’en ouvre rapidement quelques-uns. Elle est pleine de
bonnes intentions mais elle ne me laisse pas le temps de bien regarder
chacune des oeuvres qui se présentent à moi. Je suis émerveillé par tant
de talent. Les tableaux que je contemple datent des années 50 et 60 et
portent cette force des années d’après guerre. Le dessin est très
dynamique et franc. Les couleurs et les tons sont forts et précis. Je
dois ralentir mon hôte qui voudrait que je voie le plus de tableaux
possible pour me convaincre du talent énorme de son frère. « Madame,
tant de beauté ne peut être appréciée qu’à petites doses. Il faut
prendre son temps. Vous n’avez plus à me convaincre du talent de cet
homme, pour moi, c’est le coup de foudre. »
Je quitterai
cette maison quelques heures plus tard éblouis. J’ai été mis en contact
avec une partie de l’oeuvre d’un grand peintre. J’ai en poche les
coordonnées de sa veuve avec l’espoir d’avoir le privilège de présenter
quelques oeuvres de son mari dans ma galerie.
Quelle belle
soirée !
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Sculpture
datée VIII,56,2
27,5" x 2,5" x 2,5"

Autoportrait
datée March 7, 1964
22"x30"

Autoportrait
circa 1990, 18"x24"
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