Madeleine Turgeon offre une composition
expressive empreinte de rythme où
l’esthétisme
prime comme une mosaïque tactile. Morcelée, l’image prend forme dans la
matière tel
un vitrail dont on pourrait presque séparer les verres. De ses fonds
abstraits surgissent la puissance et la fragilité de la nature sous toutes
ses formes.
Des études en agronomie précèdent sa formation en arts visuels. La
synchronicité fait le reste. Parallèlement à son travail de peintre, elle a
évolué et oeuvré dans le monde du graphisme et des communications. Le
graphisme et l’illustration lui ont permis d’approfondir le dessin, les
couleurs et les rapports de formes.
Une démarche
réfléchie l'a amenée à dépasser le réalisme de son coup de pinceau par une
gestuelle plus intuitive qui lui permet de donner une sensation différente à
ses paysages et ses êtres. Elle crée des toiles rythmées qui attirent le
regard par l’intensité des couleurs et les jeux de matières. L'expression
d'émotions et de sentiments lui importe plus maintenant que la copie servile
de la réalité ou la résolution de problèmes d'ordre plastique. Elle emprunte
le langage abstrait dans la simplification du dessin et dans l’agencement
des plans. Elle déforme le réel pour faire ressortir l'essentiel, l'émotion.
Ni passionnée de figuratif, ni d’abstrait, elle suit son fil d’Ariane avec
ce regard de myope. Dans cette opposition, elle se permet des échanges tout
comme une porte ouverte.
Cette
expressionniste et coloriste d’une grande sensibilité est une amante
inconditionnelle de la nature et de la poésie. Elle s’inspire de la grande
complexité de la nature telle qu’elle est, sauvage et indomptable. Madeleine
Turgeon ne cesse de la découvrir dans son immuabilité ou son renouvellement.
Il existe une mystérieuse et intangible conjonction, entre la nature et la
poésie, qui fait de cette inspiration une source intarissable.
Dès qu’elle
commence une toile, une spontanéité s’impose. En guise de fond, elle
applique du « modeling paste » pour suggérer le mouvement. Puis un collage
de papiers et de tissus sert de point de départ à sa création. Elle traite
le dessin pour qu'il se dissimule et s'estompe dans la couleur. Travaillant
principalement à l’acrylique, elle simplifie les formes et décompose le
spectre afin d’obtenir des variations subtiles de luminosités et de
contrastes.
Animée dans sa démarche par un appétit
inaltérable pour la recherche, elle est en osmose avec la vie qui l’entoure
et ses voyages à l’étranger. Ses expériences permettent un amalgame d’idées,
d’images et d’émotions qui se concrétise par une représentation picturale
rythmée et colorée. Elle privilégie la série où
ses oeuvres se lisent comme un livre. Ces séries sur un même thème peuvent
s'échelonner sur plusieurs mois pour prendre la forme d’un projet complet de
diffusion. Dans son quatrième solo et son dernier corpus, elle regroupe une
trentaine d’oeuvres intitulées La Concordance des alignéss
prévu pour avril 2008.
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