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Le jardin des sortilèges
de John William Waterhouse

C’est toujours un plaisir renouvelé que d’aller voir une exposition au musée.

Dimanche dernier, nous sommes allés au Musée des beaux-arts de Montréal où on y présentait Le jardin des sortilèges, la première rétrospective majeure des œuvres du célèbre artiste britannique, John William Waterhouse (1849-1917).

Présenté comme peintre préraphaélite, moi, je ne comprenais pas vraiment, lui en 1860, Raphaël à la Renaissance! Mais voilà, le dictionnaire m’explique : « Se dit des peintres anglais du milieu du XIXe siècle qui voulurent renouveler la peinture par l’imitation des peintres italiens antérieurs à Raphaël. » Voilà.

L’Italie de Pompéi avec les belles dames, avec les intérieurs de marbre et les colonnes, la beauté et la simplicité du monde médiéval. Alors, c’est là qu’on se retrouve avec les quelque 80 peintures inspirées de la Rome et de la Grèce antiques, de la Dame de Shalott, de Cléopâtre, Circé, Lamie, Ulysse et les sirènes, et Mariamne, condamnée à mort.

L’œuvre de Waterhouse est empreinte de sensualité. Bien qu’utilisant des couleurs vives, je dirais plutôt, franches, ce n’est pas criard. Il réussit à faire vivre un drapé, à mouler un sein avec une étoffe si légère et parfois si transparente qu’on sent vibrer la vie en dessous.

Sa lumière est éblouissante, permettant ici de sculpter une ombre qui dramatise le regard, ou là de reproduire l’atmosphère théâtrale d’une scène.

Les regards de ses personnages m’ont impressionnés; avec leur intensité, leur charge dramatique, ils permettaient de bien camper une scène. Le mouvement, les gestes donnaient tout autant de puissance à la scène. Waterhouse parvient tellement, par la finesse et la délicatesse de son coup de pinceau, à nous transmettre exactement le sens, l’esprit, l’émotion qu’il veut donner au tableau.

Dans une des salles, on nous présente des études que le peintre a faites pour certains des tableaux qui sont accrochés ailleurs dans les salles; de nombreuses études à l’huile, à la craie et au crayon. À parcourir cette salle, on s’imagine fort bien que le peintre a toujours dû faire des croquis, tantôt pour des visages, tantôt pour une pose; d’autres fois son étude est à l’huile et tellement avancé qu’on croirait que le tableau est presque achevé, et pourtant, on retrouve l’original dans une autre salle avec quelques variantes dans la composition et une œuvre incomparable de beauté. On y perçoit beaucoup de travail et de réflexion pour accomplir l’œuvre finale. C’est impressionnant.

Malheureusement l’exposition est terminée. Il ne vous reste que la possibilité de feuilleter le livre de l’exposition.

le 13 février 2010

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