|
Picasso
Cézanne, exposition
au Musée Granet d’Aix-en-Provence
Que de
découvertes !
Première
surprise, que Picasso ait été influencé par Cézanne… qu’il
considérait comme son seul maître.
Seconde
surprise, que Cézanne ait été le premier à introduire le relief dans
ses peintures, notion que Picasso a réussi à intégrer dans ses
œuvres. C’est Cézanne qui a commencé à reproduire la perspective
dans les tableaux en modifiant les plans. Picasso en a fait
l’intégration, comme on a pu le voir dans une de ses natures mortes
où le pied du compotier est vu de haut alors que le plateau est vu
de face. Le compotier est d’ailleurs un des éléments que Picasso a
pris dans l’univers de Cézanne, tout comme la pomme ou la chaise.
L’exposition
est divisée en quatre sections qui en disent long sur cette relation
Picasso Cézanne.
- Picasso
regarde Cézanne : on y démontre l’influence de Cézanne sur
Picasso en juxtaposant des tableaux de Cézanne et de Picasso.
- Picasso
collectionne Cézanne présente les toiles de Cézanne acquises par
Picasso.
- Thèmes,
objets, formes et traits partagés établit un parallèle entre les
natures mortes et les figures humaines de Cézanne et de Picasso.
C’est là qu’on voit bien que Picasso utilise le compotier de Cézanne
et la pomme qu’il décline sous différentes formes au cours de ses
« périodes ». L’homme accoudé est également un thème commun aux deux
peintres.
- Picasso
se rapproche de Cézanne présente la production de Picasso au
cours des deux années passées au château de Vauvenargues qu’il a
acquis au pied du mont Sainte-Victoire, là où Cézanne a tant peint.
Comme Picasso se plaisait à dire, Cézanne a peint la
Sainte-Victoire, lui l’a acquise.
Un des
tableaux que possédait Picasso est une des trois « baigneuses »
peinte par Cézanne dans son atelier à Aix-en-Provence. Anecdote
intéressante, Cézanne avait fait ouvrir le mur de son atelier sur
toute sa hauteur pour sortir ces toiles de très grandes dimensions
pour l’époque (3’ x 6’) et sur lesquelles il a travaillé au cours
des quelque dix dernières années de sa vie. Les ateliers de l’époque
n’étaient pas aménagés pour peindre d’aussi grandes toiles.
Une autre
explication intéressante que nous avons eue : la représentation d’un
personnage et d’un crâne ou d’une chandelle ou d’un sablier dans un
tableau signifie que l’artiste réfléchit à la mort (et à la vie).
Nous ne regarderons plus les natures mortes de Picasso de la même
façon.
Cézanne,
avant-gardiste en son temps. Rappelons qu’il est décédé en 1906.
Comme c’est écrit dans le cahier de l’exposition L’estampille /
L’objet d’art, Cézanne avait « un goût pour la géométrisation
des formes, l’exploitation de forts contrastes très expressifs, la
distorsion des perspectives et cette étrange tendance à laisser
choir le premier plan au bas de la toile, comme s’il était pris dans
un équilibre instable » (Hors Série No 4, p. 22). Eh oui, il est ici
question de Cézanne, un Cézanne proscrit en son temps. Le
connaissiez-vous ainsi?
Nous aimons
et Cézanne et Picasso, et c‘était fascinant de voir que ce dernier
avait été inspiré par l’autre. Qui eut cru, à voir l’œuvre de
Picasso.

le
17 juillet 2009 |